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Jean Luc Thunevin

  • : Jean-Luc Thunevin
  • : Bienvenue sur le Blog de Jean-Luc Thunevin, propriétaire de Château Valandraud.
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 13:39

Malgré toutes les tentatives pour éviter  d’en acheter un, malgré toutes les fois où je paraissais différent par le non-costume de rigueur, j’ai acheté un smoking.

Je serai désormais comme tout le monde (à l’extérieur).

Bien sûr ce n’est pas un mal que de faire l’effort de s’adapter à des  « codes », mais pour moi, ce n’est qu’avec l’âge que je m’y suis résolu, et encore je le fais parce que cela m’amuse d’être ainsi, en apparence, comme si…

De quoi j’aurai l’air avec ça sur le dos ? ça c’est une autre histoire.  Lors de ma vie d’employé de banque, j’ai vu tant de gens porter l’habit sans rien cacher de ce qu’ils étaient vraiment : ouvrier, paysan,  mauvais garçon ou notaire !

Bordeaux aime l’élégance, je n’ai rien contre, et tout le monde habillé pareil semble être une forme d’esthétisme et d’égalitarisme (par le haut !) que je peux comprendre.




Qu’en est-il pour nos clients ? Sans doute trouvent-ils ça aussi un peu « exotique ». Est-ce que la Bourgogne, la Champagne, la Napa utilisent les mêmes codes vestimentaires ?

ça, je n’en sais rien.

 

 

 

Barbara, elle, était à Monaco pour présenter nos vins au FT Business of Luxury summit et elle a  eu l’immense honneur de partager Château La Dominique 2003  hier soir au Sporting de Monte-Carlo avec Monseigneur Albert II de Monaco.

 

C’était dans le cadre du Sommet de Luxe organisé par la Financial Times pour lequel nous avons sponsorisé des vins de Saint-Emilion et de Fronsac : Virginie de Valandraud 2005, Fleur Cardinale 2006, Haut-Carles 2005 et bien sûr La Dominique 2003.

 

Monseigneur semble avoir apprécié La Dominique et lui  a  parlé avec beaucoup d’enthousiasme de son invitation à la Jurade de Saint-Emilion en fin de semaine…

 

Aurions-nous gagné un nouvel ambassadeur des vins de Bordeaux et plus particulièrement de la rive droite ?

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 15:09

Sur le forum de Mark Squire, des photos et des commentaires de  Jeff Leve sur ses dégustations et ses 2 repas à la maison.

Samedi avec  Paul Marie Morillon, Barbara, et dimanche Guillaume Quéron, Michel Gracia, Jeff Leve, Murielle et moi.

Le premier jour, une série de bons vins et à l’aveugle un Haut Brion 1989  qui perd un peu son incroyable goût de grand Bordeaux jeune pour partir vers une évolution de goût plus classique.


Dimacnche, un saké méthode crémant surprenant, surtout si, à l’aveugle, on pense à un pétillant à base de raisin.  Murielle nous a tous soufflés en devinant un saké !

Blanc N° 1 2007 de Valandraud qui est vraiment un grand vin, sauf que presque aucun critique n’en fait état…

Poker face 2004  de Sine Qua Non : une syrah d’anthologie, + de 100 points pour mon goût et ce malgré ses 15.5 degrés d’alcool selon l’étiquette… ça donne envie de faire des essais à Maury…

Toujours aussi bon, toujours pas de phase de vieillissement pour un de nos vins préférés : Beau Séjour Duffau Lagarosse 1990, un miracle d’harmonie, de puissance, de modernité. On ne s’en lasse pas.

Un Pavie 1989, bien bon  pour moi, même s’il avait fort à faire à passer derrière ces 2  « stars ». Mais ce vin bu seul aurait largement contribué à illuminer une soirée, style classique certes, mais dans ce grand millésime 1989, capable de séduire bien des adeptes de vins « modernes ».

Notre Maury 2004 bien sûr et notre fine Bordeaux en cours d’élevage et une goutte de Fine Champagne de Mr Halley, et j’ai du faire la sieste jusqu’à 6 heures, plus une heure de marche avec Max et des amis pour récupérer.


La photo de Jeff avec Michel Gracia en train de remercier le seigneur remplace certainement de grands commentaires !

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:05

J’avais rédigé ce petit mot avant de lire tous les commentaires du week end, dont certains un peu « hard » :

Je fais un rêve pour le Roussillon, et comme pour Hervé Bizeul et d’autres, ce rêve est en train de se réaliser.

Au lieu d’acheter en Napa, quelques américains investissent dans la vallée de Maury à cause du formidable potentiel , encore sous-exploité,  de cette vieille, très vieille région viticole.

J’ai bien remarqué les yeux brillants de Peter Sisseck (Pingus) à la vue de ces très vieilles  vignes de Grenache ou de Carignan plantées sur ces coteaux si difficiles à exploiter, à la vue de ces terroirs de schistes, de granit, les argilo calcaires, tous si évidemment faits pour la culture de la vigne !

Comment ne pas être un peu, beaucoup, choqué quand il faut se battre contre ses amis, sa famille, pour ce beau pays.

Comment ne pas hurler « Venez voir ! » et après, vous ne pourrez plus rien dire, incrédules que vous êtes !

 

Non ceci n’est pas fait que pour produire des gros rouges qui tâchent, ceci n’est pas fait que pour les vins médecins. Oui ceci donne trop d’alcool, de soleil, et alors ? !

Que je sois damné si ces terroirs ne permettront jamais  de faire un grand vin rouge et même si comme pour  Michel Bettane, le Maury est le vin évident et si la lecture de son commentaire sur notre Maury 2004  dans le supplément du Monde a fait venir des larmes aux yeux de Marie et Jean Roger, moi, je veux bien qu’un jour soit organisée par La Passion du Vin, Le Grand Jury Européen, ou même le Diable, cette dégustation des meilleurs vins rouges de Chateauneuf ou d’ailleurs contre quelques crus de cette belle région.

Est-ce que « Terre de Vin » sera le média qui permettra cette évolution des mentalités ?

Est-ce que le Roussillon, comme le Fronsac à Bordeaux, sera l’éternel oublié -  cantonné au rapport qualité- prix ?

Depuis l’année 2000, notre projet « Thunevin-Calvet » n’est pas une chimère, et c’est sûr, nous y arriverons, avec Hervé et les autres.

C’est sûr.

J’y crois.

 

Suite donc aux commentaires du week end, j’aimerai ajouter :

Pourquoi, Hervé et moi, même si je parais moins « tendu », sommes si « remontés » contre ce que nous considérons comme injuste (voire dédaigneux) : les propos de journalistes que, par ailleurs nous respectons.

 Nous attendons, trop sans doute, de Michel Bettane qui, il est vrai, ne cache pas son incrédulité quant à la possibilité de réaliser des grands vins rouges  dans le Roussillon, ni son scepticisme sur les qualités  du carignan. Et c’est vrai aussi que jamais personne n’a écrit de déclaration d’amour sur un Maury comme il l’a fait.

Pour ma part, Michel a été si important pour Valandraud que, grâce à sa crédibilité, Valandraud a pu, à force, sédurte d’autres critiques et convaincre une grande partie de l’establishment.

Tous dans le Roussillon, nous aimerions que les critiques, journalistes, les leaders d’opinion viennent, prennent le temps, goûtent et tombent eux aussi amoureux des terroirs, des cépages, des hommes et de leur culture. Toutes les caves particulières, les natifs et les étrangers, les caves coopératives, tous espèrent séduire les amateurs de bons et grands vins. Pas besoin d’aller au Chili, en Argentine pour découvrir un pays viticole si sauvage : garrigues, montagnes et coteaux, tout près de la Méditerranée, des Pyrénées et des citadelles cathares.

Puisse « Terre des Vins », le prochain grand magazine français sur le vin et l’art de vivre, être le prétexte à une redécouverte, et pour Michel Bettane, le catalyseur d’une curiosité pour ce beau Roussillon.

Pourquoi pas une « pointure » dédiée au Roussillon  dans la RVF ? Pourquoi d’ailleurs moins d’articles dans cette RVF que dans Decanter où Jancis et les autres ont déjà écrit sérieusement sur ce Roussillon ?

Pourquoi pas un petit signe d’encouragement à Hervé et ses amis aux différents courants de pensée bio, écolo, classique (si, si), moderniste, petits et grands projets, nouveaux ou anciens ?

Pourquoi ne pas répondre présent, si j’en crois simplement mon petit blog et les 24  commentaires : sujet intéressant, non ?

 

 

 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 13:29

Commentaire posté hier par Dreling :

ET LES BLA BLA BLA des soit disants cadors de la bouteille me font rigoler: un grand vin c'est l'alliance d'un grand terroir et d'un cépage à sa limite nord de plantation, ça fait combien de temps que la limite nord des cépages de bordeaux par exemple est dépassée??? combien de vins dans cette région en 2003, 2005, 2006, 2008 en dessous de 14° ou 14°5 bientôt à 15 (y a des thuvenin à 15,5 dans le roussillon), ce sont nos vins d'Algérie des années 50 les vins de bordeaux d'aujourd'hui avec le goût de chêne en plus pour faire riche! des vins au goût de plus en plus sucré sans noblesse

 

 

Dreling,

C’est vrai que beaucoup de vins de Bordeaux sont passés en 20 ans de 12 degrés – dont 1 ou 2  dus à la chaptal- à des 14  degrés,  dus à des causes diverses et on peut citer le réchauffement climatique (réel), les méthodes culturales plus ou moins efficaces dans la recherche de  maturité complète (herbes dans la vigne, effeuillage, et surtout hauteur de feuillage).

Est-ce bien ? Est-ce mal ?

A chacun son avis.

N’ayant aucune culture, ni même pour ce qui concerne le vin, j’aime comme ces pauvres américains ou chinois, les vins riches, complets d’aujourd’hui, même dans un millésime comme 2007 et j’en préfère la qualité  à ceux que j’ai pu goûter  au début de mon approche.

Dans le style racé et noble de ces grands millésimes classiques bordelais réalisés à la limite , à la très grande limite nord des maturités de nos beaux cépages nobles, on peut citer : 1972, 1973, 1974, 1977, 1980, 1984 ou les très réussis (pour l’époque) 1975, 1976, 1978, 1979, 1981 , 1983.

Heureusement qu’il y a quelques 1970 (et pas tous), et quelques 1971 et 1982 pour justifier. Justifier quoi d’ailleurs ? Si ce n’est que les raisins mûrs de l’époque romantique des « avants c’était mieux », me paraissent à moi un manque d’adaptation au temps qui vient. L’herbe du pré du voisin est toujours plus verte… Je connais plein d’incompétents en France qui vont faire fortune ailleurs et qui reviennent avec des discours du style « ce n’est pas la bonne période », « il aurait fallu le faire avant », « avant c’était plus facile » et bla bla bla et bla bla bla.

Oui, sans doute nos vins sont riches, trop si on voulait s’en servir de boisson désaltérante, mais quand il s’agit de boire 2 verres à table, où est le problème ?

Sans doute y-a-t-il des goûts de chêne neuf, avant la vieille barrique offrait d’autres plaisirs.

Sans doute la volatile manque-t-elle, et l’aigreur également.

Sans doute la maigreur manque-t-elle. Sans aucun doute pour un grand vin (et quel vin !), combien y-a-t-il eu de bouteilles infâmes, mortes ? Combien en ai-je pas goûté et versé dans l’évier ?

Je suis en train d’exagérer, mais même si je comprends, cher Dreling, votre attachement à de grands Bordeaux plus classiques - qui m’ont bien régalé aussi, ne refusez pas cette évolution actuelle qui sera sans doute suivie par d’autres.

Ici, à Bordeaux,  beaucoup essayent d’avoir des vins moins riches en alcool et recherchent des moyens pour y arriver  - surtout si ce foutu climat se réchauffe, ça ne sera pas facile.

De mon côté ce n’est pas un problème, car, je le répète, j’aime bien ce «genre de vin ». La noblesse , c'est un point de vue.

 

 

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 14:11

Les commentaires sont souvent plus intéressants que mes billets !

A propos de mon post «  Terroirs » :

 

« Cher Jean Luc
Les grands terroirs nouveaux et possibles il y en a guère, cela ne veut pas dire qu'il n'y en n'a pas. Mais je parcours la France et le monde et je sais qu'on peut faire du bon vin un peu partout mais du grand vin c'est une autre affaire. Quant à Saint Emilion tu oublies que toute l'aire est une AOC avec un énorme potentiel pas toujours réalisé. Mais si  sur le meilleur coteau de l'Entre deux Mers ou du Roussillon tu peux me sortir un vin aussi bon que Valandraud je te paie un pot! Et si Mouton ou Ausone font l'unanimité ou même Pontet-Canet ou La Dominique, c'est qu'ils ont un grand terroir et que, réveillés par ton type de travail, et celui des garagistes ils se sont retroussé les manches. Cesse de rêver et de faire rêver les autres mais ne manque aucune occasion de dénicher le grand quand il existe et là où il existe! »

Michel Bettane

 

 

« Les grands terroirs auraient donc eu la sagesse de naître sur les grands axes de communication. En celà il faut leur reconnaître du génie!
 La permanence qualitative des terroirs  qui sont en lumière aujourd'hui n'a guère plus de trois siècles. Que sont devenus Falerne et Chanturgue, qui se souvient que le grand Pétrus n'était que second en son village au début du 20°siècle, que La Tâche originelle mesurait 6 fois moins qu'aujourd'hui ?... bref que le monde évolue car la terre tourne et les hommes changent.
Le Dézaley, le Rochegrès et la Sibérie seront peut être demain aussi grands que le Caillerets de Volnay l'était au 15° siècle. Qui peut savoir ce qu'une conduite à haute densité donnerait en altitude dans certaines zones du Castelet?  Qu'en est-il des vins du vignoble de Tokaj pourtant le premier classé et longtemps l'un des plus prisés?
 Et si simplement l'histoire nous apprenait que ce sont surtout les hommes qui projettent les certitudes sur leurs parcelles? »

 Patrick Essa

 

 

Et bien, je laisse le soin à mes amis de me fournir en grands vins encore inconnus avec le plaisir de les goûter ensemble et à l’aveugle avec Michel Bettane et Patrick Essa, et aussi de gagner ou perdre ce pari  amical !

 

Vinexpo approche. Du 21 au 25 juin, sous seront presque tous sur notre stand X 324 dans le hall 3, pour faire la promotion de nos vins et tisser de nouveaux partenariats.

 

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 14:33

Lu sur le site du Grand Jury Européen, un sujet sur les « vins-culte »

 

Cult wine – vin culte – icône.... il ya tellement de possibilités et si peu d’unanimité... Et pour tous ou pour moi ?

 Le prix, la rareté, l’émotion, le privilège de connaître de fils du cousin du beau-père du maître de chai ?

Celui d’être le seul à l’avoir bu ?

Celui qui a été partagé ?

Celui d’un souvenir heureux, amoureux, triste, mélancolique ?

Celui qui est réservé à des gens riches ?

Celui qui est réservé à ceux qui savent ?

Celui qui porte un rêve en lui ?

Celui qui n’a pas encore pu être bu  ?

 

Un cru ou le millésime d’un cru ? Pour moi, culte c’est souvent un millésime d’un cru.

Des exemples :

Beau séjour Duffau Lagarosse n’est pas un vin culte,  mais son millésime 1990 pour Murielle, moi et mes vendangeurs qui pouvaient le boire pour 3 francs 6 sous dans les années 93-94, était sans doute un vin culte.

Ausone 1849 si rare et le 1964 que j’ai bu à la caisse avec délectation

Ce Pétrus 1955 - la cause de tout et ce 1950 bu pour l’anniversaire d’un ami et le dernier 1962, et… et ….. (le cru est culte pour moi)

Ce La Tache 1990 bu à Panafiel avec Peter Sisseck

Le Pingus 1995 et tous les autres, tant je suis fan du vin et de son créateur (le cru est culte pour moi)

Le Mouton Rothschild 1945 en magnum, bu avec Jean Philippe, Christophe, Denis, René et les autres dans ces repas offerts par Hardy Rodenstock.

Les Cheval Blanc 1947 bus, tous différents et le 1990 dont j’ai du boire plus d’une barrique.

La première bouteille de Petite Sibérie, pour ce qu’elle représente d’ambition, de courage contre tous ceux qui ne veulent plus rêver.

Ces 1928  et 1929 avec Jaques Luxey dont j’ai oublié la plupart des noms mais qui sont cultes de par le souvenir -un peu flou-  de cette époque.

Ces Harlan, Sine Qua Non et tous ces vins qui font rêver – je suis bon public

Culte vin sans doute aussi puisque l’on me le dit presque en contre exemple, ce Rayas que je n’ai jamais pu aimer même au bout d’une douzaine, toujours dans l’attente d’une émotion.

D’autres exemples pour, contre et est-ce que tout ceci est bien sérieux, a côté du premier vin réalisé par tout viticulteur, le premier vin fait par lui dans son chai, si important, si essentiel à sa vie. Je pense à tous ces premiers vins que j’ai vu éclore ici ou là : Gracia, Croix de Labrie, Villhardy, celui de Jean-Roger et Marie Calvet – tous ces premiers vins qui, même s’ils n’étaient pas parfaits, sont cultes à leurs yeux et aux miens.

Comme peut être culte les frites et la côte de bœuf de l’Ami Louis, le gâteau à la noix de coco de Belle-Maman, le Pata Negra de Patrick Lelièvre, le cognac de Mr Halley, la cuisine de Mumu, les premières cerises de Ceret…

Tout, tout peut être culte à notre cœur, à condition d’être vivant,  d’avoir le temps d’écouter.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 15:14

Michel Bettane et François Mauss sont intervenus sur mon blog pour réagir à mon billet d’humeur (maussade) « politiquement incorrect ». Ils ne sont pas les seuls à me lire et de retour du Japon, en bien meilleure forme -  et physique -  et morale, je vais essayer d’affiner et d’expliquer mes propos.

Je vais encore décevoir Patrick Essa ou d’autres de mes amis, mais hélas (ou  tant pis), les journalistes et moi, c’est plutôt une belle histoire d’amour.

En effet, sans eux, je ne serai rien.

Qui m’a fait « roitelet » dans ce microcosme du vin, si ce n’est Michel Bettane en premier avec ses coups de cœur à répétition dans les années 90 lors de spéciaux primeurs de la Revue du Vin de France, et ensuite Robert Parker et même Jean Marc Quarin à ses débuts. Le journal Brutus au Japon avait eu un effet considérable un peu après et à côté des journalistes – critiques, les autres médias ont créé un buzz autour de Valandraud, vin de garage. Le magazine L’Express avait fait exploser la notoriété de mon histoire, et la télévision avec TFI, France 2 et même M6 avait fait de Valandraud un cru « incontournable », égal ou supérieur même à des icônes bien bien établies qui, à l’époque, dormaient un peu (voire beaucoup).

Ceci précisé en sachant bien que l’on ne mord pas la main qui nous nourrit, que la reconnaissance est la moindre des choses et  tous ces sentiments de gratitude que je peux et dois avoir envers ceux qui m’ont « fait ». N’ai-je pas moi aussi (moi si souvent jugé) le droit de donner mon avis sur mes juges, même si c’est sous le coup d’une déprime !?

Quand les nouveaux critiques de la RVF ignorent nos vins  dans le Roussillon cette année, quand dans la RVF encore, je lis « facile d’approche » pour Valandraud et quand je vois l’évolution du goût de Dupont qui, malgré sa connaissance de Valandraud, peut écrire dans Le Point « vin puissant  dont on ne sait comment il va évoluer » (lui qui a pu goûter mes vins à l’aveugle sur plusieurs millésimes). Il est certain que tous ne goûtent pas de la même manière et tous font marcher leur cerveau avec des jugements préconçus du style « tu fais partie de cette famille de parvenus et je n’aime pas… » « tu es un cru historique et j’aime ta classe et ton élégance » … !

Bien sûr Michel, que je me défoulais en écrivant sur les critiques. Mais, Michel, je ne peux pas accepter comme argent comptant et par là même renier ce que je suis quand tu écris  « les grands terroirs nouveaux, il n’y en a guère : comment n’as-tu pas vu la carte géologique – certes un peu confidentielle- sur Saint Emilion où le secteur de Saint Etienne de Lisse est plutôt très gâté, bien mieux que celui de quelques premiers 1855 !

Comment ne peux-tu pas croire dans le Roussillon où toute une foule de jeunes talents, dans tous les styles, fait exploser cette région et j’attends d’ailleurs avec impatience les prochains coups de cœur du Wine Advocate (et on dira encore Parker !)

Comment ne pas penser qu’en Grèce, en Turquie, au Chili ou rien qu’en Espagne où par exemple Torro est en train d’exploser, etc… Je serai toujours aussi « jeune » et curieux et toujours aussi prêt à croire en un monde non figé (et toi aussi…) Il existe sans aucun doute une multitude de terroirs à exploiter, à découvrir…

Pourquoi n’as-tu pas lu mes vraies questions ? : Pourquoi si peu de déplacements dans les propriétés ? Pourquoi si peu des vérifications et de dégustations à l’aveugle (ou non) de vins à 5/10/15 ans comme nos client le font , eux ?

Pourquoi accepter de donner du vin à un critique pour recevoir une mauvaise note tous les ans ?

Pourquoi tant de journalistes  sont ils si consensuels ? Regarde les tableaux de Bertrand Le Guern !

Bien entendu, rien ne vaut la bonne note de Parker et le travail sur le terrain  réalisé par des commerçants motivés.

 

Je cherchais une conclusion et en revenant au bureau, Ludo Martin me parle de mon blog et de ce sujet en particulier. Il me dit pourquoi n’existe –t-il pas pour le vin ce qui existe pour les restaurants avec le Michelin ? Les clients, les distributeurs trouvent bon un vin, le signalent au média « Michelin du vin », celui-ci se procure ce vin pour le faire goûter et se déplace après pour une 2ème vérification  et l’on obtient ce qui est si difficile aujourd’hui : un média de référence pour les grands vins (3 étoiles) et les autres (BIB ?). Le travail réalisé gratuitement par les amateurs au service du plus grand nombre par le biais de la vérification de professionnels rétribués et indépendants.

En attendant, Jeff Leve est à Bordeaux et fait le tour de beaucoup, beaucoup de propriétés ( et de leurs tables !)

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 15:18

 

Château Bel Air Ouÿ

Château La Dominique

Château Valandraud

Clos Badon Thunevin

Virginie de Valandraud

Château Mont Pérat

Blanc de Valandraud n° 1

Château Mont Pérat Blanc

Château Clerc Milon

Château d’Armailhac

Château Gruaud Larose

Château Chasse Spleen

Domaine de Chevalier blanc

Domaine de Chevalier rouge

Château Haut Bages Liberal

Château Camensac

Château Ferriere

Château Guiraud

Château Lascombes

Château Rauzan Segla

Château Beychevelle

Château Sociando Mallet

Château Le Boscq

Château La Garde blanc

Château La Garde rouge

Château Belgrave

Château Smith Haut Lafitte blanc

Château Smith Haut Lafitte rouge

Château Cantelys blanc

Château Cantelys rouge

Château Lafon Rochet

Château Grand Barrail Lamarazelle Figeac

 

 

Voici la liste des vins goûtés en présentation primeurs 2008 à Osaka et Tokyo, en compagnie de 2 collègues négociants importants de la place de Bordeaux.

Tout cela était organisé  pour la 3ème fois par notre important ami-importateur, suite à ma proposition lancée il y a donc plus de 3 ans, suite à ce constat : le Japon est un vrai  marché, mature, lointain, alors pourquoi ne pas proposer là bas ce que nous savons faire à Bordeaux ? Et voilà que ce 3ème évènement devient très très professionnel, rodé et pour tout dire un exemple de ce que nous pourrions faire ici.

2 conférences animées à Osaka et à Tokyo par un journaliste-écrivain Mr Yamamoto, qui a écrit un livre sur la bulle spéculative des prix des Bordeaux (SIC), à chaque fois pour 40 professionnels , et suivie par une dégustation plus ouverte pour 150 à 200 personnes (sommeliers, cavistes, journalistes dont Mr Tanaka de Wine Art et Mme Ebisawa d’Enoteca )

Des ventes ont même eu lieu durant ces présentations et, si j’ai bien compris, notre importateur  a réalisé une progression de 40 % de ses ventes primeurs cette année.

Visite de quelques caves et restaurants appartenant à notre importateur, m’a  permis de voir encore de plus prêt tout le travail fait pour vendre nos Bordeaux qui ont fort à faire pour lutter contre la concurrence des vins espagnols ou chiliens ! L’importance de Parker est ici tout aussi prépondérante qu’ailleurs, avec aussi la série manga « les gouttes des Dieu » qui a propulsé Mont Perat dans la catégorie des vins incontournables (et qui aurait également parlé de Bad Boy ?)

Des repas de qualité, surtout celui organisé à la maison de notre partenaire ou la daube de bœuf et le bœuf de Kobe valait au moins 2 macarons au Michelin.

Un Evangile 1989 sublime, un champagne Cattier cuvée  Renaissance 1999 délicieux, un Présidial 2000 que je regoûterai  à la maison  tant j’ai été agréablement surpris par sa jeunesse, un Mouton Rothschild 1988 style ancien austère  et un très agréable Riesling allemand Otts 2006, tous ces vins servis dans de beaux verres Riedel et à la bonne température !

Durant les dégustations primeurs, j’ai pu être étonné par le très haut niveau de qualité du Gruaud Larose 2008 qui trouve là un style opulent et moderne (que j’affectionne) sans perdre la finesse de ce vrai  Saint Julien, et bien sûr les très bons Lascombes et Domaine de Chevalier. La Dominique qui a fait  son grand retour et Valandraud, toujours aussi célèbre (... modeste avec ça )


Sinon bien sûr hôtels et chambres propres et confortables, le train Shikansen toujours aussi rapide et surtout, surtout une propreté, même dans la gare fréquentée par des milliers de voyageurs, il serait possible de manger par terre.

Vive le Japon où je dois repartir avant la fin de l’année pour rencontrer mes autres clients.


Merci aussi à toute l’équipe de notre importateur, aux traducteurs et traductrices, aux commerciaux et aux dirigeants qui, cette année, ont fait plus et mieux encore pour que nos relations commerciales et amicales soient encore meilleures. En tout cas, j’ai bien reçu le message d’une ambition retrouvée pour nos 2  maisons !

 

Pour continuer sur le voyage au Japon, le château Lafont Fourcat est le vin préféré du restaurant brasserie français « Viron » à Shibuya où les portions valent presque celles de l’Ami Louis à Paris.

Le boeuf matsusaka a la texture de la joue de bœuf pour faire une daube réussie (le prix ne doit pas permettre de servir les mêmes rations qu’à la maison !)

Les dégustations de primeurs avec connaissance des prix de vente sont vraiment la bonne voie pour continuer à promouvoir nos ventes.

 

Sinon, et ça n’a rien à voir,  Obama a mangé à Paris dans une brasserie  que nous avons le plaisir de servir (La Fontaine de Mars)

Je dois aller au Brésil avec Air France, Murielle n’a pas l’air d’être décidée…

Perpignan champion de France de rugby , après Bordeaux pour le football, voici de bonnes nouvelles qui auront ces retombées positives sur nos ventes de vin :

 

J’ai goûté le Jean-Rosé, le rosé fait par Jean Roger dans notre belle propriété. C’est bon (vente directe à la propriété)

Un Clos Del Rey 2002  bu à table pour fêter Perpignan, était tout simplement de circonstance !

Beaucoup, beaucoup de commentaires sur mon blog pendant mon voyage au Japon. Merci Caramba et les autres, je prendrai le temps d’approfondir mon sujet « politiquement incorrect » pour m’expliquer sur les critiques et ce qui peut m’incommoder, moi qui est tant été gâté par ailleurs…
Mais qui aime bien, châtie bien !

 

 

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 10:16

Sur le tableau de Bertrand Le Guern compilant les notes de tous les journalistes sur le millésime 2008 pour 402 vins :

Château Fleur Cardinale et Château La Dominique se trouvent crédités d’une note moyenne de 90/100  et sont classés en 85ème place - tous vins confondus (rouges, blancs, micro cuvées et autres garages compris) et c’est bien


Haut Carles, avec 89/100 et sa 129ème place doit encore faire oublier l’appellation Fronsac.

Virginie de Valandraud doit un  peu pâtir  de son  nom  encore assimilé à un second alors que ce vin ne l’est plus depuis plus de 10 ans !


Clos Badon avec 88/100 et la 191ème place qui correspond à un bon grand cru classé de Saint Emilion, ça tombe bien, le prix correspond !
 Mais est-ce que le classement de Saint Emilion est crédible ces derniers temps ?


Fayat-Thunevin et La Commanderie de Mazeyres avec 87/100 en 264ème place, Clément Pichon 86/100 en 334ème place ont encore du travail à faire pour rejoindre le gotha de Bordeaux.

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 14:46

Doit-on dire du mal ou du bien des critiques ?

Eux qui ne se privent pas pour dire ce qu’ils pensent en bien ou en mal des vins qu’ils analysent ainsi que des qualités et défauts supposés ou réels des vins et des propriétaires ou consultants .

Je comprends bien que le journaliste, le critique, fait son métier, mais souvent (pas toujours), son jugement est influencé par ses opinions et ça peut donner :

Vin rouge noir : bonne note

Vin rouge noir : mauvaise note

Bois neuf : bonne note

Bois neuf : mauvaise note

Vin concentré : bonne note

Vin concentré : mauvaise note

 

Chaque critique ayant d’ailleurs cette capacité à ne classifier que les crus qui ne sont pas trop connus  ou polémiques  (Pavie par exemple)

Prenons les 1ers crus 1855 par exemple :  pas besoin de lire les critiques , car tous sauf le Grand Jury Européen,  leur donnent les meilleures notes…

A l’époque des débuts de Valandraud, tous les critiques hormis Parker et Bettane avaient tendance à mettre les meilleures notes  aux 1ers et assimilés, même quand ceux – ci étaient pour le moins ratés ou insuffisants. Dans les millésimes ratés que sont 91- 92- 93 -94, il faudrait ressortir les notes de ces critiques et leur faire boire à l’aveugle à côté d’un bon challenger.

J’ai chez moi eu à organiser ce genre de dégustation et à part quelques pervers compétents capables de reconnaitre un bon vin et de mal le noter, tous les autres étaient capables de rétablir les vins réussis  par rapport aux ratés, même si après, au « débriefing » (comme le fait François Mauss), ces mêmes critiques trouvent des excuses aux icones qu’ils ont l’habitude de bien noter. Difficile en effet de se déjuger, de changer d’avis, surtout si le château très connu peut vous supprimer l’accès. (comme cela a  pu arriver à Jean Marc Quarin ou peut  être à Michel Bettane).

Tout le monde donc se met à utiliser la langue bordelaise du politiquement correct du « c’est intéressant » au « terroir » à « l’élégance » « du fruit » voire au « tendu » « minéral » (comme actuellement)

Il est vrai que tous, à 2 ou 3 exceptions près, essayent de bien faire leur boulot, avec leurs honnêtes règles et que certains sont devenus crédibles par la quantité de travail fourni et qu’ils ont eux aussi leurs clients qui se retrouvent dans leurs jugements, année après année (même si ce ne sont pas les miens).

Doit-on, comme le dit avec « humour » un de mes amis à propos des journalistes qui goûtent bien son vin et lui donne la meilleure note : « il goûte bien, il est très compétent »

(tel le négociant bordelais qui goûte bien la « marge »)

Doit-on continuer à offrir son vin aux critiques qui mettent systématiquement une mauvaise  note ? Dois-je arrêter, alors que tant de crus aimeraient avoir au moins ce que je considère comme une mauvaise note ?

Pourquoi si peu de journalistes vont ils sur le terrain visiter les vignes, le chai, voir les gens ? Alors que sans cesse ils vont et re-vont visiter ces 15 à 30 marques -châteaux-icônes .

 

Pourquoi si peu de curiosité ? Comme si toute les vignes se ressemblaient (Philippe Maurange sait voir quand les vignes sont désherbées, Quarin voit bien si les vignes sont jeunes ou vieilles), comme si tous les chais de vinification étaient propres et sentaient bon … Comme si toutes les caves d’élevage étaient sans odeur de moisi, de vieilles barriques, de champignons ! Comme ci toutes ces mises en bouteille étaient faites de la même façon, etc…

Pourquoi si peu de dégustations à l’aveugle ? de contrôle ? Manque d’argent, de temps, pas utile ?

Comment ne pas vouloir vérifier les langages  bio, les discours attendus, n’est ce pas leur métier que de chercher, de se remettre  en question encore et encore ?

Attention, ce que vous avez dit, écrit, c’est un peu comme nos bouteilles, il y aura peut être quelqu’un pour vérifier. !

 

Chaque fois que j’ai le sentiment d’avoir à faire à une critique injuste ou fausse, j’avais coutume de dire que si moi j’achetais ou faisais un mauvais vin, je prendrai un risque financier pour mon entreprise et que je ferai faillite, et qu’un journaliste ou critique qui se trompait pouvait lui aussi perdre ses lecteurs. Ce peut être plus long, moins grave, mais au final la crédibilité du critique peu subir les mêmes attaques que celles d’un cru 1855 !

La vérité est dans le verre.

 

La vraie question est surtout : est-il nécessaire de goûter un vin alors qu’on sait qu’on va mettre une mauvaise note et est-il normal de continuer à proposer notre vin à un dégustateur dont on sait à l’avance qu’il ne va pas aimer, soit réellement, soit politiquement, d’ailleurs.

Vive Bertrand Le Guern et son travail statistique qui met en relief les notes « erratiques ».

Ce qui n’empêche pas  d’ailleurs tel critique connu qui n’aime pas les vins concentrés, d’être sérieux  et très écouté par ses lecteurs qui partagent ses convictions et ses goûts.

Jacques Luxey me manque,  Grand Jury  Européen  est un peu dans son éthique mais  n’a pas le pouvoir qu’il mérite.

C’est ainsi.

 

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