Samedi soir, ce sera la Nuit du Patrimoine et Saint Emilion sera parcouru par le défilé des Jurats en habit avec leurs flambeaux qui iront jusqu’à la Tour du Roy d’où sera tiré un feu d’artifice.
Dimanche, le Ban des vendanges organisé par la Jurade de Saint Emilion avec défilé, grand- messe, intronisations et déjeuner de gala lors duquel sera servi Axelle by Valandraud 2020, et pour finir le défilé dans la cité et la proclamation du Ban des Vendanges 2025 qui, cette année ont déjà commencé, en tout cas pour nous.
Du « New French Claret » de l’époque où Bordeaux appartenait au Royaume d’Angleterre au Clairet Français d’aujourd’hui, qui pourrait contester l’importance de ce vin iconique, paradoxalement méconnu, voire dédaigné par les « sachants », les connaisseurs, les commerçants, cavistes, viticulteurs, sommeliers, négociants, importateurs. Pourtant nos clients, eux, ne demandent qu’à être séduits par ce qui est une demande actuelle d’un vin frais, fruité, léger et d’un rouge clair, clairet, sans oublier l’intérêt de nos amis anglais pour cette boisson historique.
Bientôt, notre 1er Clairet fait maison. Petit retour dans le passé pour moi, car en 1985-86, je vendais du Clairet de la cave coopérative de Quinsac ( qui a eu le professeur Emile Peynaud comme œnologue-conseil) dans ma première boutique de Saint-Emilion : l’Ermitage, sur la place du marché, sans imaginer que, 40 ans plus tard, j’en produirais.
S’il y a un avantage à vieillir, bien vieillir étant un objectif ambitieux, l’intérêt est que l’on a accumulé souvenirs, expériences, amours, chagrins, et rencontres. Avec un peu de chance, cela peut faire une belle vie.
Tout ça pour dire qu’avec le temps, je deviens nostalgique, pas du genre triste, mais plutôt dans le registre heureux des petits ou grands bonheurs, de la chance évoquée à chaque fois pour m’excuser, tel Columbo, d’avoir eu du succès et de belles rencontres, dont celle avec Alain Passard chef et propriétaire depuis 1986 du restaurant parisien mythique, l’Arpège, et surtout, en ce qui me concerne, avec son talentueux sommelier, David Biraud qui fût l’un des premiers à croire en Valandraud, dès 1991.
David, revu à Saint Emilion, alors que j’étais en conversation avec un ami commun. Cela m’a donné un coup de nostalgie, du temps de mes 1ers succès grâce à l’enthousiasme de ces sommeliers pas blasés, comme David qui a conservé toute son énergie, son enthousiasme et son envie de partager notre passion commune, le vin.
Créé le 9 mai 2005, ce blog existe toujours, même s’il a perdu un peu de son impact. Le transfert des échanges s’est d’abord fait vers Facebook, et aujourd’hui vers tous les autres moyens de communication avec, il faut le dire, surtout ce zapping permanent et rapide, sans avoir le temps de lire, juste un coup d’œil sur ces images ou des titres, vite, vite, vite !
De ma part, pas ou plus de partages d’expériences, d’états d’âme, d’infos, de points de vue ou de partage d’instants de ma vie qui fût trépidante : la vigne, le vin, le commerce, les voyages, les rencontres, les joies…j’ai rarement partagé mes peines.
Si vous avez le temps, vous pouvez vous replonger dans la lecture des articles, certains me paraissant aujourd’hui surréalistes , par exemple, celui du 23/11/2010 intitulé « J’arrête de boire du café le matin ! » ou le tout premier du 9 mai 2005 avec ce titre « tristes primeurs » (2004 !)
Nous avions organisé une grande dégustation en mars 2017, à l’initiative de René Gabriel (qui avait fourni les 1ers millésimes), de 24 millésimes de Valandraud rouge, du tout premier 1991 au 2014 inclus, avec la participation de Neal Martin qui avait écrit ensuite l’article de référence pour notre vin dans le Wine Advocate de Robert Parker. Étaient également présents à cette dégustation, des amateurs suisses et une partie de nos collaborateurs, et bien sûr Murielle, Marie-Bénédicte, Christophe et moi.
Cette dégustation sera sans doute à refaire bientôt avec 33 millésimes, à moi de trouver les critiques disponibles et la date possible.
La deuxième dégustation d’importance fût celle organisée le 25 février 2025 pour les Valandraud blancs, du millésime 2003 au 2023 inclus. Il nous manquait hélas les millésimes 2004 et 2012 que je n’avais pas pu trouver avant. Dégustation organisée avec des bouteilles rachetées en Allemagne, à Hong Kong et en France pour compléter notre panel. Ce fût un peu rock’n’roll avec les bouteilles de Hong Kong arrivées juste la veille à l’aéroport de Bordeaux !
Je peux rajouter que cette dégustation était réalisée à la demande de notre œnologue conseil présent depuis le 1er jour, Athanase Fakorellis, et organisée par Sylvine et toute notre équipe, avec, comme il se doit les collaborateurs proches : techniciens, œnologue, chef de culture, conseiller viticulture, collaborateurs du négoce, Murielle, Marie-Bénédicte et moi, étaient également présentes 2 critiques : Georgie Hindle pour Decanter et Julia Bouchet pour Terre de Vins.
En attendant les articles professionnels à venir, je peux déjà dire que, même si cela parait présomptueux, j’y ai vu la confirmation d’un vin culte, grâce au niveau incontestablement homogène et qualitatif de tous les millésimes goûtés, une précision et une pureté évidente, un début d’évolution due au temps à peine perceptible pour les 3 millésimes les plus anciens, et encore sans doute auraient-ils pu paraitre très frais confrontés à d’autres crus !
La réussite d’un challenge au départ utopique, avec la chance d’avoir un terroir adapté au climat actuel, des équipes déterminées et un œnologue talentueux mais si discret.
T.O.P, Choi Seung-hyun, légendaire rappeur du groupe de K-Pop Big Bang, qui est également acteur (télé et cinéma), joue le rôle de Thanos dans la saison 2 de la série Squid Game, diffusée sur Netflix, avec déjà plus de 265 millions de vues, sans compter les milliards d’écoutes cumulés sur les plateformes musicales pour les chansons du groupe.
T.O.P, amateur d’art, a eu envie de créer une marque de vin pour partager et initier ses fans à la culture du vin, en faisant appel à nous pour élaborer un vin rouge à Bordeaux et un vin blanc en Côtes Catalanes. Le visuel de l’étiquette est dû au célèbre plasticien japonais Kohei Nawa.
Merci à nos amis coréens d’avoir permis cette rencontre et ce partenariat depuis 2022, dont le journal Sud Ouest s’était fait écho le 2 septembre 2022 par un reportage signé Philippe Belhache, qui avait écrit un fort bel article sur le sujet.
L’étiquette de ce vin créée en 2003 sous le nom N°1 Blanc de Valandraud, a évolué en 2010 tout simplement en Valandraud Blanc. Le second vin lui a naturellement emboité le pas pour passer de N°2 Blanc de Valandraud à Virginie de Valandraud Blanc.
Le 2008 me paraissait à l’époque des premières dégustations, tout à fait réussi, et d’ailleurs j’affirme régulièrement que si Valandraud rouge fait partie, depuis sa création en 1991, des tout meilleurs vins à Bordeaux, ce Blanc s’impose aujourd’hui comme une valeur sûre dans la catégorie des grands vins blancs de Bordeaux. Catégorie qui est, depuis quelques temps, en pleine révolution, création et heureusement, couronnée de succès en AOC Bordeaux Blanc et surtout les vins de France.
Bouteille bue et goûtée sur 2 jours par Murielle et moi, nous étions tellement heureux de découvrir que ce 2008 dépassait toutes nos espérances : un grand vin ayant encore besoin de temps pour se révéler. Complet, équilibré, un grand vin assurément, gourmand et sophistiqué, du fruit, des épices, des fleurs au nez, une bouche dense comme un grand Bourgogne. Quelle belle surprise que cette évolution que nous n’avions pas imaginée ! Merci au climat de 2008, merci au travail réalisé depuis la plantation en 2000, merci pour les soins apportés au vignoble, aux vendanges si précises, à la vinification de Haute Couture sous la direction de notre consultant Athanase Fakorellis accompagné des hommes et femmes concernés par ce beau boulot, pour ces bonnes barriques neuves et pour ce qui est de cette bouteille, ce beau bouchon naturel !
Quel dommage de ne pas avoir mis quelques bouteilles de ce vin de côté pour pouvoir en vendre, comme le font les grandes maisons de Champagne avec leur œnothèque.
Ce vin avait été bien noté à l’époque de sa sortie primeur par les principaux media, ainsi que lors d’un repas organisé en Septembre 2013 par la RVF au célèbre restaurant Laurent.
Cette revue, l’Amateur de Bordeaux, créée en 1981, n’a pas été remplacée hélas. Idem pour le Guide du Grand Jury de Jacques Luxey. C’est ainsi, ces créations ont un temps de vie et une fois ce cycle terminé, il ne reste que la nostalgie, la mémoire, les regrets, la tristesse.
J’avais perdu leur numéro 87 de novembre-décembre 2003, mais vive « le bon coin » où l’offre d’un amateur plus rigoureux m’a permis de recevoir cette revue. A peine reçue, déjà lue et relue car elle consacre son titre principal aux vins de garage. C’est l’occasion de remercier de nouveau Thibault Leclerc, Myriam Huet, Régis Cailleau, Christian Seguin et Jacques Dupont.
Je suis toujours impressionné par le talent des journalistes, leur liberté de ton, leur empathie pour le sujet, leur travail. Des portraits sur notre histoire, Murielle et moi, il y en a beaucoup. Quelques-uns à charge, bien sûr et beaucoup de positifs, ce qui n’était pas toujours acquit.
Monsieur Christian Seguin, également reporter à Sud-Ouest, m’avait déjà bien psychanalysé et mon angoisse (positive) est toujours là.
Ce ne serait peut-être pas idiot de refaire une dégustation à l’aveugle avec ceux de cette époque sui sont encore en forme, dans l’esprit de celle que j’avais organisée en 2003 à la demande de Thibault Leclerc…Pas sûr que cela intéresse autant, surtout qu’aujourd’hui les polémiques se sont naturellement calmées avec le temps qui passe. Sur internet, les sujets changent de plus en plus rapidement, le Bordeaux bashing, les vins natures, les « vins » sans alcool, le réchauffement climatique, les francs de pieds, l’abstinence…
Axelle de Valandraud est une cuvée rare dont le 1er millésime a été réalisé en 2000 pour célébrer la naissance de notre petite-fille Axelle Thunevin. Le concept : une barrique -assemblage représentative de chacun des cépages composant notre vignoble à l’époque : Merlot, Cabernet Sauvignon , Cabernet Franc et Malbec.
Au printemps 2012, avec l’aide de Michel Rolland, j’ai eu l’idée de refaire une cuvée « Axelle » lorsque nous évoquions mise en bouteille du millésime 2010, avec des lots de Merlots issu de parcelles (en Bourgogne nous parlerions de climats) non admissibles dans le futur classement de Valandraud, du fait de leur éloignement du chai de Valandraud : nos parcelles du secteur Rocheyron/Laroque (Saint Christophe des Bardes) et celle, historique, de Fongaban à Saint Emilion. Les 2200 bouteilles mises en bouteille n’avaient été goûtées par personne, sauf une fois, lors du Dîner de la Jurade en ouverture de Vinexpo 2017.
Je l’ai goûtée il y a peu de temps à l’aveugle lors d’un repas organisé pour se faire plaisir, face à un célèbre 1er grand cru classé du Médoc du même millésime, et sincèrement Axelle de Valandraud 2010 s’est révélée étonnante, d’un niveau au moins équivalent à Valandraud 2010 (lui-même noté 100pts par Jeb Dunnuck).
C'est terrible mais c’est ainsi, je ne suis jamais satisfait ! Il est certain que le psychanalyste du café du commerce de mon village y trouverait plein de raisons ! Sans doute le désir de plaire et de satisfaire tout le monde. Le supposé besoin de plaire à Maman ou à Papa, encore directeur de mes comportements juvéniles.
C’est l’histoire que je raconte pour me justifier. C’est donc en moi, profondément ; et toute consultation psychanalytique serait inutile, l’hypnose inopérante, et l’EMDR : je vous laisse deviner. Alors, que faire ?
Mais pourquoi tout ce charabia ? (je me régale à l’avance en pensant à la traduction automatique de Google en serbo-croate ou en japonais) et bien c’est la lecture ( tant que je peux avoir du plaisir à lire avec cette vue déclinante) d’un article récent paru dans la Revue du Vin de France, écrit et signé par Angélique de Lencquesaing ( IdealWine) à la rubrique Trésors de cave : la côte des vins en juin 2023 , avec comme accroche « Saint Emilion : la comète Valandraud rattrapée par l’histoire ».
On est bien d’accord, un titre pareil n’est pas engageant pour Valandraud. J’aurais des raisons de ne pas être content. Et bien c’est tout l’inverse, et je vais vous expliquer pourquoi.
La couverture de la RVF met en avant, entre autres, 2022 cette année sublime, mais également « les Nazis et le vin », le livre qui relance la polémique.
Oh la la, je vais essayer de ne pas perdre le fil de mon histoire…
Revenons à nos moutons, l’article de Mme de Lencquesaing explique qu’à la surprise générale, le succès des vins de garage place Valandraud en tête du top 5 (de par le prix du 1998 obtenu en salle des ventes en 2003, devant Cheval Blanc, Ausone, Tertre Roteboeuf ou encore Pavie), puis plus rien, Valandraud a disparu du fameux Top 5. Du balai, la comète a disparu, l’étoile filante aurait disparu des écrans radars.
Mon Dieu ! Je n’existe donc plus… Mais heureusement je ne suis pas le seul à être traité de cette manière peu courtoise, avec quand même une différence qui flatte mon ego : cocorico ! C’est Valandraud qui est cité dans ce titre racoleur pour attirer le chaland.
Mais où sont donc passés les beaux commentaires ? ils ont disparu depuis longtemps hélas, et ont fait que Valandraud est rentré dans le rang des anonymes, des disparus, ceux cités sur la stèle de la guerre Parker- Bettane contre le reste du monde, remplacés depuis par d’autres talents. Pendant ce temps, Madame, Valandraud est parti pour postuler en 2032 au classement des 1ers grand crus classés « A » de Saint Emilion, comme en 2022 (ce n’est pas interdit) et le cru est passé de 0.60 à 10.70 ha, classé 1er grand cru classé en 2012, statut renouvelé en 2022.
Pour ce qui est du prix, et c’est là que le titre de ce post retrouve son intérêt : Jamais content… que l’on soit créateur, vendeur ou acheteur. Telle est la loi du marché et Valandraud a encore et toujours un statut enviable, présent parmi les 10 premiers en prix (on ne parle pas de qualité). Dire que j’étais si peu performant à l’école, sauf pour la sieste (et j’y excelle toujours !).
Bref, en bien ou en mal, mais pourvu qu’on en parle ! (dixit Léon Zitrone). Merci Madame.
et merci à feu Tardar "Grumpy Cat" Sauce pour sa participation.