Aide mémoire : savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on veut aller …
Le château La Dominique est vendu au négoce bordelais depuis son achat par Clément Fayat. J’ai consulté l’historique des prix de sortie pour le négoce bordelais en première tranche et il faut donc rajouter entre 50 et 100 % pour avoir le prix tarif consommateur selon les créneaux de distribution :
1982 5.79 euro RP 93/WS 92
1985 9.15 euro RP 74/WS 83
1989 11.89 euro RP 93/WS 91
1990 12.96 euro RP 92/WS 88
1995 16.77 euro RP 89/WS 89
1998 24.85 euro RP 87/WS 90
2000 26.00 euro RP 91/WS 91
2005 21.00 euro RP 90/WS 89
2009 ? RP 92-94/WS 93-96
Il n’y a pas beaucoup de crus avec de belles notes supérieures à 92 chez Parker qui ont été déjà mis en marché. Ca ne facilite pas la prise de décision et n’enlève en rien le risque de se tromper.
120 crus restent à sortir en primeur à ce jour : la preuve que c’est compliqué pour un gérant , propriétaire, d’établir un prix qui concilie le désir du client, du client de son client, le statut de la marque, la concurrence, sans compter l’ego et l’esprit de compétition. Alors que 95 % des Bordeaux se vendent sans doute à moins de 5 euros consommateur, les crus les plus célèbres établissent leur prix sur des impressions, équilibre offre et demande, difficile à comprendre pour les non initiés. De plus, même les professionnels ont du mal à comprendre notre système bordelais, mélange d’industrie très sérieuse, d’artisanat haute couture, et de joueurs de poker par essence un peu, souvent, menteurs.
Le prix de sortie, c’est le statut social hérité des classements de 1855, voire celui de 1955 ici à Saint Emilion, le client n’en a cure, mais pour le cru il s’agit d’une grande épreuve qui, tous les ans situe, resitue la valeur de la marque.
Une grande partie de la notoriété de Valandraud est due aux prix de sortie qui, de 1991 à 2004 étaient supérieurs ou égaux aux 1ers crus classés de 1855 (sans grande note du Wine Spectator ou du Wine Advocate)
Depuis, Valandraud ne peut plus jouer dans la même cour au point de vue des tarifs, les premiers devenant de plus en plus des vins cultes, des icônes très peu contestées, incontestables pour les meilleurs. Le client est rarement consulté, mais au final c’est pourtant lui le juge de paix.
Je ne doute pas que pour le prix de Lafite Rothschild, ce sera plus les Chinois que la place de Bordeaux qui vont fixer le prix de sortie !
Sortie ce matin du Chateau Fleur Cardinale qui est l’un des meilleurs rapports qualité-prix de la rive droite (ça veut dire que le propriétaire ne vend pas trop cher son vin )
Le vin se déguste remarquablement bien maintenant, les dégustations primeurs journalistiques précoces ne favorisent pas ce cru qui, terroir tardif oblige, ramasse tard et donc a un mois de retard dans son élevage par rapport à Pomerol ou aux terroirs précoces de Saint Emilion.
Sinon, je cherche encore un nom de cuvée pour un Montagne Saint Emilion (2009) de qualité que je viens d’acheter mais dont le nom de la propriété est trop compliqué à mon goût….
Nous avons bien bu chez un couple d’amis qui reçoivent bien, le prétexte était des prélèvements de sols avant qu’ils plantent quelques chênes truffiers.
A l’aveugle, à table :
Champagne brut Moët et Chandon, Clos des Jacobins 2002 (bon), Clinet 1997 ( ?), un Pommard 2002 dont j’ai oublié le nom, vin correct, et une grande, grande bouteille, déjà bue quelques fois : Pape Clément 2002 : la classe et une superbe affaire pour qui veut boire bien sans se ruiner : l’élégance et la puissance, maturité et fraicheur, un must.
Dans le supplément vin de l’Express, des coups de cœur pour Haut Carles et Bad Boy, Marquis de Terme, Guiraud et bien d’autres crus célèbres, la campagne primeur est toujours en attente des grands noms…
Sur M6, j’ai regardé avec curiosité et plaisir « Enquêtes extraordinaires » dimanche à 15 h30, sur les expériences de mort imminente, ça paraît pas sérieux, ni gai et pourtant c’était une très bonne émission qui rend crédible ces histoires de retour à la vie après une « mort » clinique. L’optimisme des acteurs concernés rendait le sujet abordé intéressant…
Et un bon roman lu dans ces avions qui m’emmènent au bout du monde, ce livre passionnant écrit par Tatiana de Rosnay : Boomerang.
Notre « château à louer » trouve enfin quelques clients. C’est vrai que si nous faisions chambres d’hôtes, ce serait plus marchand, mais pas plus simple à rentabiliser.
Heureusement que le but premier est d’avoir un bel outil pour recevoir et loger nos bons clients et amis
Bad Boy 2009 super bien noté par les critiques français, américains est vendu en primeur pour la première fois, ce qui n’empêche pas les commandes des millésimes en stock. Ce vin aide à la promotion de Valandraud : il n’est pas à la remorque de Valandraud mais plutôt ouvre de nouveaux marchés pour Valandraud et aide à son image.
Le fait est assez rare pour être signalé : d’habitude ce genre de vin est une charge quasi imposée à la distribution pour avoir droit à l’accès du vin renommé.
Dans la revue Challenges du 27 mai, un gros article (version papier et internet) sur les primeurs de Bordeaux 2009 et je suis cité en préambule, ainsi que Robert Parker
Merci Monsieur Jean Pierre de la Roque.
La ville de Saint Emilion reçoit de plus en plus de touristes, le site grandiose attire, bien sûr, et le vin et son vignoble aussi. Ce qui est nouveau, c’est peut être de nouveaux commerces : librairies, galerie d’art, art de la table, voire boutiques de vêtements, ça commence à équilibrer les restaurants, bars et surtout magasins de vins, qui deviennent plus professionnels, moins « attrape-toutristes » : il faut que le client ait envie de revenir.
La vigne ets de toute beauté, elle se rattrape de la grêle subie l’an passé.
Invité par un ami chinois, amateur de vin, à manger et boire dans ce lieu dédié au vin avec stockage dans les souterrains et restaurant-bar (Merci Alexander )
Nous avons bu :
Laurent Perrier rosé
Meursault d’Alain Coche Bizouard Goutte d’Or 1er cru 2002, tout simplement très bon (anis, noisette fumée ?)
Château Palmer 1970, une bouteille très bonne, tanins doux, odeurs truffées. Une bien grande bouteille, la deuxième était plus fermée.
Tiganello 2006, difficile de goûter après ce Palmer : vin relativement aride, très fermé. A re -goûter dans 10 ans ?
Ensuite, dans un bar branché « Sugar », avec une vue époustouflante sur les gratte-ciels de Hong Kong, une goutte de cognac Paradis de Hennessy.
Olivier, Haut Carles et Château de Carles, Fiefs et Arums de Lagrange : ces bons vins ne sont sans doute pas spéculatifs mais leur qualité régulière en fait ce qu’on appelle de bons rapports qualité prix. En attendant, cette campagne primeurs prend son temps, signe de nervosité, personne n’a le droit de se tromper, ni le château, ni la filière commerciale qui n’aurait pas les moyens de porter trop de vins. La semaine prochaine sera sans doute décisive ?
Dans les avions, j’ai lu avec plaisir ce livre, acheté à Saint Emilion : « Le mec de la tombe d’à côté » de Katarina Mazetti. Livre étonnant, écrivain suédois, ambiance décalée, histoire d’amour entre un paysan et une bibliothécaire, plein d’humour, un régal et quelques larmes.
Avec Eric Riewer, j’ai bu on bon vin de Côte du Rhône 2004, signé Tardieu, à l’aéroport de Hong Kong.
Ce journaliste gourmet m’a fait connaitre le restaurant chinois de l’hôtel qui jouxte l’aéroport et m'a parlé d’un bon vin chinois, fait par Emma Gao Yuan : le domaine Sliver Heights.
La prochaine fois, je goûterai ce vin pour me faire un avis sur cette nouvelle propriété qui fait ce vin à 1200 mètres d’altitude dans une nouvelle région ?
Déjà plus de 180 vins sortis en primeur, beaucoup de « petites » marques et également des crus plus « marques incontournables » comme Carbonnieux, Gazin, Duhart Milon Rothschild, Ormes de Pez, Croix de Gay, etc… Déjà également quelques vins chers comme Fleur de Gay, Le Plus de la Fleur de Bouard, Magrez-Fombrauge, Croix de Labrie.
J’ai, comme beaucoup de mes collègues négociants, du mal à prévoir ce qui va marcher ou pas marcher, sauf bien sûr s’il y a une grosse note de James Suckling du Wine Spectator ou du Wine Advocate de Robert Parker.
Chez nous, déjà plus de 20 crus soldés, reste 0 stock et impossible d’en trouver d’autres, soit que nous avions déjà tout acheté, soit que les prix demandés aujourd’hui nous enlèvent toute possibilité de revente.
Et dire que la campagne primeurs est à peine commencée au 2 juin !
De retour au bureau, avant la reprise des voyages de promotion début juillet au Japon et mi août au Brésil.
A Taiwan, pas eu le temps de faire du tourisme, juste faire la connaissance d’un distributeur sympa, efficace et plein d’humour. Présentation des vins et repas dégustation avec des clients amateurs et très fortunés. Laurent et moi n’avons pas vu le temps passer, que déjà nous étions à Hong Kong pour Vinexpo avec Xavier et Xin.
Nous étions donc 4 sur notre stand : beaucoup de photos, de dégustations, de contacts avec des clients et des prospects, de nouvelles affaires aux Philippines, en Sibérie, en Thailande et en Chine bien sûr…
Hong Kong est incontournable et pas que pour les 30 marques et les primeurs, mais aussi pour l’esprit d’entreprise des chinois et de la diaspora européenne, un exemple de savoir-vivre et de culture où le vin de Bordeaux a la chance d’avoir encore la première place.
A peine rentré, un aller-retour à Venise en Italie pour un évènement organisé par notre très bon distributeur pour ses clients avec une représentation de quelques uns de ses fournisseurs, dont des collègues négociants bordelais et propriétaires célèbres.