Séance de travail à Fleur Cardinale avec, à table, travaux pratiques : dégustation des 2009- 2008 et 2005… Il y a pire comme exercice.
2009, énorme….aujourd’hui. Le cru est tardif, on le sait mais il faut en tenir compte pour les dégustations primeurs.
2008 juste mis en bouteille, le plus fin, le plus élégant depuis le 2001. Ce 2008 est la preuve que l’on peut concilier terroir tardif, puissance et élégance.
Le 2005 bien sûr très réussi, un peu en phase de fermeture, comme beaucoup de 2005.
Pour les prochaines vendanges, encore 2 ou 3 essais supplémentaires y compris vinification intégrale. Nous sommes dans l’impossibilité de dormir.
Côtés lectures récentes :
Anna Gavalda « La consolante » : un gros roman vif, drôle, triste, étonnant. J’étais dans l’histoire.
Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux », le titre n’est pas le meilleur, le sous-titre oui : « ce que l’on croit peut devenir réalité ! »
Sur le site de Valeurs Actuelles, un article écrit le 22 octobre 2009, par Arnaud Folch est en ligne, son titre : « Pieds-Noirs, une blessure française ».
Il y a des blessures qui cicatrisent mal, je revois de temps en temps des pieds-noirs qui ont encore l’accent très caractéristique de notre Algérie, sans doute des actes de résistance hostiles à la mondialisation… Ce pourrait être un sujet du bac !
Cétait l'anniversaire de Murielle ce dimanche, 2 bouteilles de Pomerol : Latour à Pomerol 2006 dans un style classique que nous apprécions, c’est un bien bon vin, chargé de bons souvenirs (les caisses de 1967 achetées 3 francs 6 sous à l’Intendant lors de sa création et bues depuis longtemps...), et Bon Pasteur 2002 toujours aussi bon et paradoxalement un cru peu commenté. Merci Dany et Michel Rolland.
J’ai de temps en temps l’occasion de fréquenter des « nécrovinophiles », mot inventé par moi pour définir cet amour particulier et bizarre qu’ont certains amateurs pour des vins à l’apogée dépassée et qui, morts depuis quelques temps, n’ont de vivant que le cercueil de la bouteille en verre, et le bouchon en liège, à bout de souffle, qui n’en peut plus d’attendre sa mise à mort !
Autant je peux comprendre l’intérêt historique, culturel – autant j’ai du mal à croire que l’on puisse avoir du plaisir à boire ou même à goûter à ces cadavres.
En effet, combien de bouteilles de vin gardées trop longtemps finissent - mal - dans l’évier ? Car même le vinaigrier n’y trouve pas son compte.
Combien de ces vieux vins gardés dont l’unique intérêt est d’être là pour remplir une « jolie cave » ou pour frimer ?
Ne sont pas Cheval Blanc 47 ou Mouton 45 qui veut parmi tous les 47 ou 45, et s’il y a des exceptions à tout règle, j’ai bien peur que ces amateurs de vins trop vieux n’aient oublié que l’exception c’est justement d’être exceptionnel !
Vous me direz, et c’est la seule excuse, tant qu’on a pas goûté, tant qu’on a pas ouvert, on ne sait pas ! Il y a parfois des miracles : je me rappelle, c’est vrai, cette bouteille de Lescours 1937 bue à plus de 50 ans d’âge, qui était extraordinaire.
Sans doute les liquoreux tiennent-ils mieux la route du temps. Et je ne conteste pas qu’il y ait de grandes surprises, ce qui m’inquiète, c’est seulement ceux qui n’éprouvent du plaisir qu’à boire ces vins trop vieux et qui, même quand ces derniers sont sérieusement morts, leur trouvent de l’intérêt. Tous les goûts sont la nature… comme les coups et les douleurs pour les masochistes !
Pour faire simple le vin a une naissance, une apogée et une mort, c’est ainsi et c’est pour ça qu’il nous parle tant : similitude avec notre vie humaine, sans doute.
J’admets facilement que l’on offre une bouteille de l’année de naissance, bouteille anniversaire, cadeaux pour signifier que l’on aime cette personne. J’ai moi aussi dans ma cave quelques bouteilles de 1955 pour Murielle, quelques bouteilles de 1951 pour moi et d’autres vieux millésimes que je préfère d’ailleurs souvent offrir qu’ouvrir. J’ai moi aussi eu des chocs à boire des bouteilles improbables, le seul aspect que je critique, je le répète, c’est ceux qui trouvent toutes les qualités à ces vins qui sont de toute évidence finis, morts !
Bien entendu, ceux qui font commerce de ces antiquités ne sont pas à blâmer s’ils font bien leur travail. Après tout, ils ne sont que des commerçants qui répondent à une clientèle en offrant ces vins aux apogées largement dépassées à une clientèle bien présente. Leur rareté et les prix atteints permettent de bien vivre de ces cadavres.
Il faut de tout pour faire un monde : des maternités et des cimetières.
Je dois avouer que cet article était déjà écrit depuis quelque temps. J’ai évoqué ce sujet avec des amis, certains proches de cette addiction, mais c’est seulement à la suite de la parution d’un article dans le dernier ou avant dernier numéro de la RVF, consacré à un collectionneur célèbre qui me cite avec fiel, que j’ai eu envie de poster ce billet sur mon blog aujourd’hui
De retour d'une grosse semaine passée au Japon avec plein de dégustations de Bordeaux primeur 2009, avec à ma table mes vins plus Château Guiraud !
En tout, plus de 30 vins de Bordeaux étaient présentés avec le concours de Dominique Befve de Château Lascombes. Près de 1000 personnes en tout, juste grâce à notre plus ancien et fidèle distributeur, et avec eux des dégustations utiles : on pense à vendre ce qui, paradoxalement, n’est pas si courant lors de nos déplacements dits « de promotion ».
Et des repas... super bon au Silverado dans le quartier de Ginza, niveau 2 étoiles Michelin avec une clientèle chic, riche et décontractée, avec un fan de de mes vins, plein d’humour et propriétaire de Aux amis 59 à Tokyo avec une vue à couper le souffle. Bien sûr aussi dans le restaurant de notre distributeur-importateur d’Osaka.
L’intérêt pour les 2009 est évident, même ici au Japon qui en a vu d’autres, des millésimes du siècle !
Ils sont curieux de l’évolution du marché chinois pour la cause supposée générée sur les prix cette année et un peu aussi sur le fait qu’ils soient, à leurs yeux, un peu novices dans l’art du vin et la complexité de cette culture que le Japon a fort bien assimilée, « lui ».
Sinon, que de monde, que de monde dans les rues, partout. Que Tokyo est grand et comme ce pays mélange tradition et modernité avec facilité !
Toujours dans la série des nouvelles dégustations et notations des 2000 par Robert Parker, et puisque Patrick le citait dans un de ses commentaires : Gracia 2000 est passé de 93 à 96
"This is a big upgrade for this spectacular micro-cuvee, a true garage wine from a 4.4-acre vineyard. A blend of 90% Merlot and 10% Cabernet Franc, I always find Gracia to be reminiscent of Ausone. The dense, rich 2000 reveals notes of a spring flower garden intermixed with smoky barbecue meat, blackberries, black currants, and crushed rocks. The extraordinary perfume is followed by a wine of great depth and richness, full-bodied power, and not a hard edge to be found. This velvety blockbuster is just beginning to strut all its stuff, and should age easily for another 15+ years. "RP
Mais cela fait longtemps que je n'en ai plus....
A lire également, sur le site du Wall Street Journal, un article de Will Lyons revisitant terroir et garagistes ...
Ce cru fait partie de la série des 2000 redégustés par Robert Parker la semaine dernière, avec une note de 97/100:
"Everyone at the tasting where this wine was presented was rocked (or should I say shocked) by the greatness of this wine. It needs no defense. I rated it 96 seven years ago, and it comes from a beautiful vineyard in Pessac-Leognan near Haut-Bergey. Made by Helene Garcin and her winemaking team at the time, Michel Rolland and Jean-Luc Thunevin (now replaced by Dr. Alain Raynaud), 650 cases of this wine were produced. It has a deep, opaque bluish/purple color and a gorgeously sweet nose of incense, asphalt, blueberry liqueur, coffee, bacon fat, and a hint of meat juices. Full-bodied and dense, with silky tannins but enormous richness, length, and texture, this is a stunner to drink now or to age for another two decades." RP
Parker a renoté les 2000 et les vins dont je suis en partie responsable ont été renotés à la hausse
Valandraud passé de 93 à 94
Marojallia passé de 94 à 96
Branon passé de 96 à 97
Dans les amis proches, Gracia est désormais noté 96 au lieu de 93 et Croix de Labrie passe de 95 à 93, etc…
Cela va refaire bouger des caisses de 2000 qui, en ces temps de 2009 chers, retrouvent un intérêt pour le marché, tant soit peu que le millésime 2000 soit oublié.
Notation également des vins de Ribera del Duero. Les vins de Peter Sisseck font carton plein :
Ça se termine, et comme toute campagne primeurs spéculative, les relations commerciales peuvent prendre un mauvais chemin, chacun accusant l’autre de mauvaise foi quand il n’obtient pas ce qu’il désire acheter. Le négociant reproche à la propriété dont le cru est demandé de n’avoir pas assez de bouteilles à vendre, oubliant au passage qu’il était moins exigeant en 2007 et 2008. Lui reprochant, seulement en pensée, d’être à des prix trop élevés, alors qu’il préfère quand même avoir 15% de marge sur 1000 euros que 15% de marge sur 50 !
Le client fait de même vis-à-vis du négociant distributeur bordelais, et ainsi de suite dans toute la filière jusqu’au client final.
J’ai droit en cette fin de campagne à quelques noms d’oiseaux célèbres dans la finance : dans la rue, on me donne du Monsieur « Kerviel », voire presque du Maddoff, et de la part de certains clients du « on m’avait bien dit que vous étiez un spéculateur », etc…
Obligé de me justifier.
Heureusement 95% des clients connaissent la musique « bordelaise » et beaucoup ont de la mémoire, et pas que sélective : en effet n’ayant dans mon négoce que les 1ers crus rive droite à vendre, pour ceux de la rive gauche, je fais comme les copains et je rachète tous les ans à Londres, à Zürich, voire à Bordeaux ces 1ers crus si recherchés.
Et cette année, comme c’est normal, je les rachète plus cher qu’en 2008 ou 2007 !
Si une espèce de cohérence est possible quand on a le privilège d’être allocataire en 1ère tranche, comment être au bon « prix d’ami » quand on rachète ?
Cette année, si l’on rajoute au prix déjà très élevé de la première tranche dont le volume est volontairement réduit, les prix des 2ème, voire 3ème tranche, les prix moyens, l’âge du capitaine, mon handicap au golf et les plages du Cap Ferret, on peut comprendre que je sois traité d’incompétent !
Heureusement il y a des propriétés formidables, des propriétaires qui m’aiment bien, ou qui apprécient tout simplement mon entreprise, certains mêmes – et pourtant très célèbres – m’ont permis d’augmenter mes allocations en 1ère tranche cette année, ou de devenir allocataire grâce à une 2ème voire 3ème tranche proposée comme un sésame pour les années à venir.
On pourrait faire un roman sur tout ceci. En attendant je vous conseille d’aller chez votre libraire pour demander ce livre qui sort juste maintenant et publié par Féret : « Le marché des réputations, une sociologie du monde des vins de Bordeaux » écrit par Pierre-Marie Chauvin.
Le timing pour lire ce livre le soir pour évacuer le stress de cette campagne est parfait.
Sortie en primeur des vins de Peter Sisseck, les célèbres Pingus et Flor de Pingus et le petit nouveau PSI.
Le 1er millésime, 1995, a fait d’entrée de jeu de Pingus un vin à part, un vin culte, une des rares icônes dans le monde du vin, avec une espèce de statut particulier qui doit autant aux qualités du vin qu’à la démarche réellement biodynamique de la propriété qu’au charisme de son créateur : Peter Sisseck. Si vous ne les connaissez pas :
Pingus, vin cher, quoiqu’avec ce qui se passe à Bordeaux cette année il paraitra très raisonnable, vous pouvez essayer d’en acheter.
Flor de Pingus , qui n’est pas vraiment un second vin mais un espèce de Forts de Latour ou Virginie deValandraud, et Flor a vraiment des inconditionnels dont mon beau-père (82 ans) qui adore ce vin.
Et PSI, pas cher du tout, qui porte la signature de Peter Sisseck.
En plus, cette année est spéciale pour Peter puisqu’il devient copropriétaire d’un vignoble à Saint Emilion avec Silvio Denz, juste à côté d’une des meilleures parcelles de Valandraud sur la commune de Saint Christophe des Bardes, sur ce beau plateau argilo calcaire.
C’est la fête nationale du Québec et la Saint Jean-Baptiste.
C’est la fête aujourd’hui dans mon entreprise avec du bon champagne pour fêter la réussite de Yan Xin au DUAD, diplômée de la prestigieuse école d’œnologie de Bordeaux et sans doute l’une des premières chinoises (continentales) à posséder ce genre de diplôme.
Champagne aussi pour fêter la sortie de Valandraud 2009 en primeur et je peux déjà parler de réussite (merci, merci).